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La poésie rend libre (ou comment survivre au confinement)

Confinement jour 5

Si tu parles aux murs, fais attention, je te préviens fais attention. Les murs sont comme les plantes bizarres qui semblent fermées et quiètes mais ce n’est pas vrai. Un moment ou l’autre, elles s’ouvrent subrepticement – c’est toujours au contact d’une proie ingénue – et elles se referment, vous ayant happé irrémédiablement et assimilés. Et vous êtes encore là à les regarder comme si rien ne s’était passé. Je vous en parle – des murs – et vous mets en garde parce que j’en sais beaucoup sur leur comportement, moi qui suis ennemi déclaré des murs et qui leur tiens des propos offensants, leur faisant entendre qu’ils ne sont pas de la race des portes et des fenêtres qui ont deux richesses : le dedans et le dehors. Les murs m’ont inoculé l’obsession du dehors.

Guy Lévis mano

Confinement Jour 4

Nous avions grandi ensemble 
marronnier 
aujourd'hui silencieux souverain 
qui portes ombre propice et n'en as pas souci 
qui ne racontes pas ta vie 
dis-moi ce qu'il faut faire 
quand le soleil a disparu 
dis-le-moi lentement avec des feuilles neuves 
que je puisse t'entendre 
du fond de mes montagnes en friche 


Et vous autres derrière la haie 
peuplier, acacias, tilleuls
cèdre en forme de ciboire 
alignés sur la portée du pré 
comme les notes d'un kyrie 
silencieuse oraison de feuilles 
latin murmurant de ramures et d'aiguilles 
pédagogue des champs 
si discret dans vos propos salubres 
verts acolytes et patients funambules 
un mot, juste un mot sur la paix qui me manque 
ou même un simple bruissement 
avant que la nuit vous reprenne 

Nicolas Bouvier - Le dehors et le dedans 

Cologny 1978

Confinement Jour 3

Oh! ce soir je suis tout frissonnant de tendresse
Je pense à vous, je me vois seul, je me sens loin,
Loin de tout ce dont mon coeur tendre a tant besoin
Hésitant entre l’espérance et la tristesse

Comme un oiseau meurtri mon coeur las que tout blesse
Désirerait un nid très sûr, un petit coin
Où dans la quiétude et la douceur des soins
La douleur se fondrait vaguement en faiblesse

Et des mots d’abandon, des mots mièvres et lents
De ces mots que l’on sent monter du fond de l’âme
S’écoulent de ma bouche à petits coups dolents

Et je rêve de doigts légers, adroits et blancs
Qui sur mes yeux se poseraient frais et tremblants
Sinon des doigts de mère au moins des doigts de femme
Chassant la vision des souvenirs sanglants.

Paroles de poilus – Marcel Rivier.


N’hésitez pas à laisser vos impressions, souhaits, pensées – Echangeons durant cette période exceptionnelle…

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