Récapitulatif

Un deuxième semestre 2022 riche et varié entre mise en scène, voix documentaire, répétitions et animation.

J’ai eu la chance de bien et beaucoup travailler cette année et le temps passé à communiquer a été proche de zéro. Je me rattrape avec cet article récapitulatif.


MISE EN SCÈNE : Le 18 et 19 juin, les élèves adultes du Centre Artistique du Lac ont joué « Les gens biens ». Un montage de textes corrosifs qui interrogeait notre rapport à la morale, à l’apparence, aux masques sociaux. La canicule était à son apogée et les comédiens ainsi que le public ont souffert de la chaleur mais les représentations se sont bien passées.


ANIMATION D’ATELIERS : En juillet, j’ai travaillé en mission pour Léo Lagrange qui m’a invité par l’intermédiaire de sa responsable Elisabeth Viricel à animer des ateliers à l’AFPA pays de Savoie d’Annemasse auprès du public 16-18 ans. Les ateliers devaient permettre de comprendre l’importance d’une bonne communication orale, posturale, de trouver ou retrouver le plaisir du jeu, de remettre joie et confiance en soi, en l’autre et d’aborder les techniques de communication.

Voici le témoignage whatapp de la coordinatrice Léo Lagrande Mme Viricel, reçu à l’issue des ateliers qui m’a fait plaisir


VOIX OFF TÉLÉVISION : En juillet, ayant réussi le casting pour intégrer l’équipe des voix off de la Radio Télévision Suisse, j’ai eu le plaisir d’enregistrer la voix documentaire du reportage de 52 minutes sur le Boeing 737 max. Les images étant inaccessibles, voici un extrait de ma voix pour ce reportage fouillé et très captivant. Merci à Céline Richardet pour sa confiance et sa présence rassurante le jour J pour l’enregistrement. J’étais un peu rouillée après 14 ans sans radio ni voix off…


RÉPÉTITIONS : En Aout, retour des répétitions avec la Fox compagnie comme comédienne sur un joli projet de création autour du drame arménien. Nous jouerons cette pièce de théâtre la semaine du 24 avril 2023 ; date de commémoration du génocide arménien et nous aurons la chance et le privilège d’être accompagnées de chanteurs et musiciens dont le célèbre joueur de duduk, Levon Minassian.

Le travail avec les comédiennes Edmée Croset, Aurélie Imbert, Nancy Ruiz se passe très bien sous la direction dynamique et passionnée de Canan Bornand.

Photos des premières répétitions.


2022 s’éloigne gentiment et les projets à venir restent tout aussi motivants en 2023. Je suis à nouveau en studio avec la RTS en janvier pour une voix off sur un reportage, sur scène comme comédienne en avril, puis nous jouerons en juin le Titanic avec le groupe des adolescents au centre Artistique du lac. La vie est belle !

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Dates des ateliers affirmation de soi par le théâtre 2022 2023

Horaires :  
  • Groupe des avancés : samedi 13h15 – 16h15 ; Année orientée sur la recherche théâtrale
  • Groupe des débutants : samedi 17h-20h : groupe complet jusqu’à min janvier

Dates 2022 – 2023 :

Première session : 10 séances

  • 3 et 10 et 24 septembre
  • 1, 15 octobre
  • 12 et 26 novembre
  • 3 et 10 décembre
  • 7 janvier

Deuxième session : 10 séances

  • 21 janvier
  • 4, 18 février
  • 4, 18 mars
  • 1, 15 avril
  • 6 mai
  • 3 et 24 juin

Lieu :  Haute-Savoie,  Lucinges, salle de rythmique de l’école , (100 m après la mairie, parking gratuit)

Attention le tarif change  : 60 € la séance + 30 € de cotisation à l’année à la compagnie Champ libre L’engagement se fait au semestre ; facilités de paiements

Pour une inscription, téléphonez moi au +33 663017479

A venir

Théâtre musical les 7 et 8 mai

Le théâtre d’Aristophane raconte avec beaucoup d’humour la descente aux enfers de Dionysos, Dieu du théâtre et de son esclave Xanthias, pour aller chercher le meilleur poète, afin qu’il remette de l’ordre dans la cité. Évidemment, peurs et problèmes vont compliquer la tâche des deux héros

A partir de 12 ans.

Une belle équipe vous attend, avec costumes, décors, joie et envie de partager cette année de travail avec vous.

Au plaisir de vous y voir

A venir

Stage d’été 2022 : Du conte au clown

Du dimanche 10 juillet au samedi 16 juillet 2022

Entre Carcassonne et Toulouse , la compagnie Champ Libre, association organisatrice du stage, propose un stage d’été : « Du conte au clown ». Dans un gite charmant, en pension complète.

Stage ouvert aux amateurs et aux artistes de la scène ayant besoin de pratiquer conte et clown.

Arrivée sur place le samedi 9 juillet dès 15 heures – Départ samedi 16 juillet fin de matinée avant 10 heures.

Les horaires de travail : du dimanche 10 juillet au vendredi 15 inclus

  • Petit déjeuner au gite
  • De 9h30 à 12h Conte : échauffements, techniques, mise en pratique
  • Repas de midi au gite fournis par traiteur
  • De 14h à 17h30 Clown : mise en costume, échauffement, techniques, mise en pratique, jeu et relation entre conte et clown.
  • Ensuite temps libre à votre convenance ; il y a beaucoup de possibilités : visites de Carcassonne,Toulouse, baignades aux lacs, randonnées au bord du canal du midi, farniente au gite, ping-pong et même hammam ou sauna ( en supplément)…
  • Repas du soir à préparer ensemble

Prix du stage : 36h de pratique avec hébergement de sept nuits et les repas fournis

  • Inscription validée avant le 31 mai : 700 euros par personne
  • Inscription validée en juin : 790 euros par personne

Réservation :

Les arrhes de réservation sont à payer par chèque ou virement de 230 euros à l’ordre de la compagnie Champ libre. Cette somme sera intégralement remboursée si le stage est annulé fin mai faute de 8 participants minimum. Elle sera conservée si le stage a lieu et que le participant se désiste.

ATTENTION : Les réservations sont ouvertes jusqu’à fin mai.

Au delà du 31 mai, si un minimum de participants n’est pas inscrit, le stage pourra être annulé et les arrhes remboursés.

Si ce stage vous intéresse, ne tardez pas à réserver votre place !

Chèque de réservation de 230 €, à envoyer à l’ordre de la compagnie Champ libre, à accompagner de vos noms prénoms, parcours, motivation, coordonnées afin que nous puissions vous contacter facilement.

Adresse Compagnie : CIE champ libre, Chez madame De Gabaï, 111 chemin de servette 74100 Vétraz-monthoux

Le lieu de résidence :

Cliquez pour découvrir le gîte :

Domaine de Barrié dans l’Aude.

Fonctionnement du gite : Venir avec son drap et/ou duvet. Oreiller, taie et drap du dessous sont fournis. il y aura à répartir pour les couchages :

  • Une chambre avec un lit double
  • Une deuxième chambre avec trois lits simples au rez-de-chaussée.
  • À l’étage une chambre avec un lit double.
  • Une chambre avec un lit simple.
  • Deux chambres avec deux lits double.
  • Une chambre avec un lit double.
  • Une très grande pièce 80 m² à peu près avec quatre lits simples.
  • Une mezzanine donnant sur la grande pièce avec deux lits simples.

La salle de pratique de 95 m2, avec parquet, nous permettra de travailler. Salle à manger et cuisine communes.


La pédagogie proposée par l’animatrice : Cécile Xambeu

Pour le conte, Cécile a travaillé les techniques du conte auprès de Hassane Kassi Kouyaté, le fils du célèbre acteur de Peter Brook et nous profiterons de cette école africaine de l’oralité et de son apparente simplicité pour apprendre à dire, raconter, créer un imaginaire visuel.

Nous aborderons l’attitude du conteur qui ne joue pas mais qui raconte et donne à voir, qui peut momentanément incarner l’un des protagonistes puis retourner au récit. Nous apprendrons à trouver le bon compromis entre l’histoire et l’ambiance à créer, entre le corps du conteur et celui de l’acteur. Nous travaillerons voix et diction. Nous découvrirons les cinq temps du conte : le début du moment conté, le début du conte, le conte, la fin du conte, la fin du moment conté.

Formée au clown par quatre maitres du clown ayant quatre approches différentes et complémentaires ; Guy Ramet, Serge Martin, Philippe Hottier et Pierre Bylan, Cécile vous fera profiter du meilleur de leur enseignement.

Nous aborderons les différentes techniques du clown, le bide du clown, le clown solaire et rayonnant, le clown stupéfait et bien sûr le clown conteur.

Cécile Xambeu, comédienne, metteure en scène, dirige et anime la compagnie Champ libre fondée à Annemasse en 2003. Elle en est l’actuelle directrice artistique.


Informations et réservations auprès de Cécile Xambeu

Téléphone : + 06 63 01 74 79 – Email : cecile.xambeu@gmail.com

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Sandrine, élève des ateliers « Affirmation de soi et théâtre » témoigne et ça fait plaisir

Sandrine G. message reçu cet été 2021

Cela fait deux ans et demi que je travaille avec Cécile. Je suis arrivée dans son cours avec mes grosses valises que je prends le temps de défaire une à une. Je prends ce temps pour moi, pour explorer, réapprendre le contact avec mes émotions, réapprendre à les exprimer par la voix et le corps. Et puis le chemin se fait. Chacun à son rythme, dans la bienveillance. On vient comme on est, qu’on soit bien dans ses baskets ou le moral au plus bas. Mais on vient. Parce que chaque séance nous enrichit, nous fait vivre des moments forts pour peu qu’on leur ouvre la porte. Il n’y a pas de bien ou de mal faire, il y a juste nous et ce que l’on a à offrir et à prendre quand on vient. Le travail est parfois léger, souvent engageant et toujours libérateur. On apprend autant de soi que du groupe et de chacun de ses membres. Et Cécile est là, à toutes les étapes. A l’écoute avec générosité et bienveillance. Elle avance avec nous, elle rit, elle pleure elle partage. Avec elle on est en sécurité, jamais jugé, toujours accueilli. Il faut juste… Se lancer !

Merci Sandrine 🙏

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Le théâtre d’improvisation pour les soignants

Parce que l’improvisation au théâtre permet d’acquérir des réflexes et des fonctionnements qui aideront chaque soignant à :

  • Être à l’aise avec l’incertitude , face au patient, face au traitement
  • Être à l’aise avec les imprévus quels qu’ils soient
  • S’adapter aux situations, personnalités, cultures, enjeux différents
  • Rester à l’écoute du moment présent, c’est à dire rester constamment AVEC le patient
  • Ne plus avoir peur de ses émotions ou de celles du patient
  • Faire AVEC ce qui est, surfer sur la vague et ne plus ramer à contre courant.
  • Durant le processus de guérison, apprendre à lâcher le leadership pour transformer le soigné en acteur de sa santé. Faire confiance et collaborer

Je vous propose d’écouter deux kinésithérapeutes échanger autour des bienfaits du théâtre d’improvisation pour devenir un meilleur soignant. ICI

Merci à Stéphanie Baril, kinésithérapeute à Vétraz-Monthoux pour le partage de cet interview

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Du théâtre proposé aux usagers de structures sociales

En collaboration avec le SAMSAH et le SAVS de Sallanches, nous avons monté un projet, co-financé par le conseil général de Haute-Savoie pour permettre à des adultes de bénéficier de cours de théâtre. Objectif : prendre confiance en soi, exprimer ses émotions, remettre du mouvement dans son corps, dans son imaginaire, prendre position, oser davantage.

Au départ sept usagers ont profité des cours, et cinq personnes continuent, malgré le covid, à faire du théâtre une fois par semaine. Nous sommes même en train de finaliser un petit spectacle avec des poèmes de Guillevic, Tardieu et d’autres, des textes contemporains de Xavier Durringer. Si les apprentis comédiens le souhaitent, nous présenterons ce spectacle au public. Affaire à suivre…

La vidéo du travail est à voir ICI

Paru dans le Dauphiné Libéré

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Va avec toi !

Partout seul en scène

Avec tes muscles souples et puissants, avec ton souffle qui s’adapte à l’effort, avec tes articulations qui fluidifient tes mouvements et ton ossature rigide qui t’offrent une bonne charpente : Va avec toi ! Flirte avec tes limites. Ris toi d’elles, demande-toi en mariage car tu as de la chance de t’être rencontré et il y a encore à connaitre et reconnaitre. Salue tes imperfections. Admire tes qualités, regarde tes travers avec bienveillance. Par contre, il y a une chose à ne jamais faire ; il ne faut rien se cacher au motif qu’on veut s’épargner. C’est une très mauvaise idée ! Au contraire, sans gravité et sans jugement, sois attentif à tout voir, tout entendre, tout pointer. Ne te cache rien car la lucidité est le plus précieux des biens.

Si tu t’es perdu sur un chemin inconnu, la seule façon de retrouver ton chemin c’est de reconnaitre que tu es perdu, de regarder attentivement où tu es exactement, quels sont les dangers et les opportunités de l’endroit où tu te trouves. Je l’affirme ici : La lucidité est le plus grand des biens ! La lucidité est le préalable à toute action. Ne sois pas comme ceux qui s’agitent en tout sens alors qu’ils sont dans les sables mouvants, inconscients que cette agitation les perd un peu plus à chaque mouvement. Utilise tes sens pour apprendre à discerner au mieux. Où suis-je ? Dans quel environnement ? Quelles sont les ressources? Les obstacles ? Les alliés ? Les ennemis ?

Sois lucide !  Ne mets rien sous le tapis, au contraire, déterre tout ce que tu peux, qui était invisible ou dans l’ombre. Ce sera peut-être un obstacle que tu n’avais pas vu mais c’est peut-être aussi une ressource insoupçonnée.

Vivre c’est expérimenter : Va avec toi ! Vivre c’est faire des expériences et valoriser de façon égale l’expérience agréable et l’expérience négative qui te donnent une leçon. Vivre, c’est s’abreuver d’eau et d’eau de vie, c’est expérimenter le feu, la glaise, l’acier, le bourgeon, l’hiver… Vivre c’est s’adapter, sans cesse, en mouvement. VA AVEC TOI ! Dans la vie comme sur une scène.

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Vous vous dites : « A quoi ça sert la poésie ? »

A quoi ça sert la poésie ? Ça sert à voir plus loin, plus profond dans l’obscur. A marcher tête haute dans l’inconnu. A apprivoiser la nuit qui est en soi et quand on a apprivoisé la nuit on n’a plus peur des faux monstres ou du moins on sait en déjouer la menace. ça sert à savoir que rien, être ou chose, n’a un sens définitif, que rien n’est simple et que cette complication est une chance.

A savoir que ce qui est visible ne vaut que par l’invisible qu’il porte. Bref, ça sert à grandir à ne jamais cesser de grandir, d’agrandir sa compréhension du monde. « La poésie est un extraordinaire accélérateur de la conscience » disait le poète argentin Roberto Juarroz.

Je vous conseille d’oublier tout ce que vous croyiez de la poésie jusqu’à maintenant, qu’un poète c’est forcément ci ou ça, de la rime, des vers bien balancés, de jolis mots, des sentiments tristes, qu’il faut l’apprendre par coeur, le décortiquer comme un crabe, l’analyser pour isoler le virus. Ce-que-le-poète-a-voulu-dire, j’en passe et des pires.

Il y a autant de sortes de poèmes que d’espèces animales sur la planète. La poésie est une invention perpétuelle de formes neuves, inattendues, imprévues… Comprendre un poème c’est accepter ses mystères, accepter de ne pas tout comprendre, qu’il porte en lui des choses qu’on ne comprendra peut-être jamais. Et c’est tant mieux . Est-ce qu’on peut aimer quelqu’un qui n’a plus de mystères pour nous ?

« Les poètes sont nos meilleurs guides. Le lecteur de la poésie n’analyse pas il fait le serment à l’auteur son proche de demeurer dans l’intense. » (Yves Bonnefoy)

Il faut converser avec la poésie et dans cette conversation intérieure vous avez tous les droits : ceux de l’amour, de l’antipathie, de la colère, du refus, de l ‘incompréhension. Lisez, lisez, relisez, faites-vous lire des poèmes, sans vous poser de questions – elles viendront bien toutes seules et la plupart n’auront pas de réponse !

Est-ce que vous n’aimez pas passionnément la vie avec ses mille questions non résolues ?

Faites confiance : il y quelque part, qui n’attend que vous, le poème de Villon, Ronsard, Hugo, Hikmet, Chedid, Cendrars, Vigny, Eluard, Apollinaire…. je ne sais pas… mais je sais que ce poème (en ce temps de confinement), vous comprendra comme on vous a rarement compris, qu’il vous mènera vers les autres, et désormais vous ne pourrez pas plus vous passer de poésie qu’un myope de lunettes.

Extrait du recueil de Jean-Pierre Siméon « Aïe ! Un poète »

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La poésie rend libre (ou comment survivre au confinement)

Confinement jour 9

Dis-tance des verstes, des milliers…

On nous a dis-persés, dé-liés 

Pour qu’on se tiennent bien : trans-plantés 

Sur la terre à deux extrémités.

Dis-tance des verstes, des espaces 

On nous a dessoudés, déplacés, 

Disjoints les bras –  deux crucifixions 

Ne sachant que c’était la fusion 

De talents et de tendons noués…

Non désaccordés : déshonorés, 

Désordonnés…

                               Murs et trou de glaise.

 Ecartés on nous a,  tel deux aigles –

 Conjurés : des verstes, des espaces…

 Non décomposés :  dépaysés

 Aux gîtes perdus de la planète 

Déposés – deux orphelins  qu’on jette ! 

Quel mois de mars, non mais quelle date ?! 

Nous a défaits,  tel un jeu de cartes !

Marina Tsvetaïeva –  24 mars 1925

Confinement jour 7

« Il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens »

Vincent Van Gogh

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La poésie rend libre

Rien
Ne vous soutient mieux
Dans la vie
Qu’une bonne paire
De bretelles.

Paul Vincensini

Dans nos décombres
Dans un égarement inexplicable
Dans la destruction de nos vies
Nous sommes au service de la clientèle
Nous réparons encore la céramique
Nous honorons notre raison sociale

N’apportez rien de plus fragile que la fragilité à laquelle tout conduit.

Nicolas Bouvier – Raison sociale, issue de « Le dehors et le dedans »

A venir

Dimanche de répétition pour « Les grenouilles » d’Aristophane

Dimanche 2 février, c’était la première journée de répétition pour le spectacle triennal que je mets en scène pour le Centre Artistique du Lac, qui aura lieu du 2 au 5 avril 2020 à l’Epicentre.

L’équipe pédagogique et artistique du projet était réunie auprès des 12 adolescents présents ce jour là. Marie-Anne Camail, graphiste et photographe a pris des photos pour concevoir l’affiche ; L’occasion de vous montrer quelques temps forts ou creux, quelques élèves au travail ou durant les pauses…

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Le changement : entre rupture et transition

Improvisation collective autour de la notion de changement positif
Improvisation collective autour de la notion de changement positif – Janvier 2020

Il arrive qu’une rupture dans le domaine privé ou professionnel nous impose un changement radical. Parfois c’est nous qui faisons le choix de la rupture. Dans tous les cas, qu’on les ait provoquées, ou subies, les ruptures imposent un changement brutal, un bouleversement (qui peut être positif ou négatif). La plupart du temps, le cours de la vie évolue tranquillement et le changement s’effectue par transitions, semblant parfois inexistant ou imperceptible.

Si les ruptures sont des balises dans nos vies : arrivée d’un enfant, nouveau job, deuil, séparations, déménagement, voyages… les transitions SONT notre vie ; La plus grande partie de notre vie. Et pourtant, nous avons tendance à faire comme si les transitions ne comptaient pas, comme si le voyage comptait moins que l’arrivée. Nous nous impatientons.

Or le voyage est beau car le voyage représente notre vie ! Comment aborder les différentes étapes du voyage, les pas parfois laborieux pour avancer ? Comment s’en satisfaire ? Comment ne pas s’impatienter ? Comment aller avec le flux de la vie et pas contre ? Comment accepter les périodes où tout semble stagner ? Comment ne pas résister au changement ? C’est autour de ces questions que les élèves ont improvisé et réfléchi durant ce mois de janvier.

Vous pouvez laisser et partager vos réflexions et commentaires sur la notion du changement ci dessous...

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Et si on s’émancipait par la Fantaisie ?

Qui n’a pas entendu : «Sois raisonnable, tu n’es pas/ ça n’est pas raisonnable » de la part de parents, professeurs, éducateurs.  Cette expression « sois raisonnable », c’est ce qu’on dit à l’enfant qui veut tout immédiatement, celui qui renonce à ses désirs en revanche sera qualifié de « raisonnable ». Quiconque reproche de n’être pas raisonnable reproche de ne pas agir, penser, fonctionner comme lui le ferait ; « tu as raison » voulant dire, tu penses comme moi. Et l’individu intègrera la raison comme la capacité à se conformer au « raisonnable » du plus grand nombre. La raison raisonnable fabrique de l‘ordre social. Au départ, il y a une vitalité naturelle, un désir, une pulsion de vie mais l’injonction à la raison va remplacer le mouvement spontané par une soumission culturelle. On apprend la politesse, on apprend à s’assoir en silence, à rester dans le rang, on entre dans un ordre policé et raisonaâââble !

Certes, la politesse a ses vertus, elle donne un cadre, des repères et facilite le « Vivre ensemble ». La courtoisie est une qualité appréciable par les temps qui courent. Mais dans le même temps, elle polit, enlève l’imprévu puisqu’il s’agit de respecter la règle du jeu, elle élimine toute nouveauté, toute surprise, tout surgissement du fantasque, du créatif. C’est à la fois sa principale qualité et sa grande limite.

Le fonctionnement raisonnable est une adaptation normale à la vie en collectivité mais quelle liberté reste t-il pour ressentir, penser, agir, intervenir hors du cadre policé et normé ?

Notre liberté individuelle disparait dès notre enfance dans les quadrillages d’espaces de l’architecture de la cour d’école, de la salle de classe, du bureau dont on ne doit déjà plus bouger dès 6 ans. Notre liberté individuelle disparait dans les quadrillages du temps.  Emploi du temps, heures de pointes, pointage des ouvriers agrémentés ou non de sonneries d’école, heures de pause de repas, limitation de vitesse… Chaque fois, on veut un bon écolier, un bon ouvrier, un bon soldat. On reçoit une gratification positive quand on agit dans la norme et une punition quand on s’en écarte. Le conditionnement social opère à fond et il fait tourner le monde. La société cherche à lutter contre l’entropie naturelle et elle confond la « raison » avec le « raisonnable », (raisonnable qu’il s’agit de rationaliser). Ce désir de rationalisation finit par générer ce qu’il prétend combattre ; il produit de la folie car il déshumanise,  il aliène l’individu à la norme sociale, aux procédures. Les règlements ne sont plus là pour servir l’Homme mais l’Homme est là pour respecter et servir le sacro-saint règlement. Et si la FANTAISIE permettait de trouver un juste équilibre entre raison et passion ?  Une sorte de folie faite en conscience : quêtée,  exercée, maitrisée, qui engendre de la raison sans raisonnable… C’est  le sujet de cet article

Faire oeuvre de fantaisie pour résister ; pour conserver une liberté intérieure, pour ressentir, exprimer une singularité, un sensible, une pensée raisonnée personnelle.

Le dictionnaire Larousse donne cette définition de la fantaisie : « Imagination libre, sans contrainte ni règle ; faculté de création, donner libre cours à sa fantaisie ». La fantaisie est donc une mini création que chacun peut cultiver librement et sans contrainte à toute heure du jour et de la nuit.

Comme le dit  Jean Michel Ribes : « je préfère le bordel de la pensée aux raisons closes »

« Il est doux à tout âge de se laisser guider par la fantaisie » Marcel Proust

Si, comme le disait Albert Camus : « Créer, c’est donner une forme à son destin  » , alors la fantaisie devient un outil d’émancipation qui nous rend acteur de notre destin ;  un outil de transformation personnelle. YOUPI !

C’est parce que la fantaisie est non nécessaire qu’elle est vitale. Elle prouve que l’Homme est plus qu’un animal agissant pour ses seuls besoins ; elle lui accorde une grâce : la liberté d’être, d’agir, de faire ou ne pas faire à sa guise ; un libre arbitre, un acte gratuit, ou en tout cas une tentative de  «  fuck » au déterminisme… Attention, comprenez moi bien : Il ne s’agit pas de se comporter comme un écolier en mal d’insolence ;  il s’agit d’une démarche volontaire de l’esprit philosophique, philosophant. 

L’Art, c’est aussi, c’est surtout cette fantaisie créatrice. L’Art,  c’est le partage du sensible, la possibilité de rêver le monde en inventant un autre monde et lorsque ce rêve est collectif, ca s’appelle l’utopie. 

Et il va sans dire (mais je le dis quand même) qu’Il faut ré-introduire l’utopie dans le discours politique ; on voit bien que nous sommes gagnés par la noirceur de l’information et que nous passons plus de temps  à nous plaindre, qu’à faire l’effort d’inventer du neuf ; comme si rêver c’était perdre son temps…

Je vous souhaite après deux années de repli et de peur à cause du covid, du réchauffement climatique, des guerres, d’ajouter de la fantaisie à votre vie. De la distiller également dans vos relations sociales pour découvrir de nouveaux chemins possibles…Plus joyeux, plus créatifs, plus sains.